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El Mejunje : Un centre culturel alternatif à Santa Clara

Un espace dédié à la culture et à la communauté LGBT

Auteur:
Sue Herrod
Date de publication / actualisation:
15 août 2023

Situé dans une petite rue latérale du centre de Santa Clara, à seulement quatre heures en car de La Havane, El Mejunje est un centre culturel singulier qui constitue une source d’inspiration aussi bien pour les habitants de la ville que pour les visiteurs. Là, la culture, les arts alternatifs et la communauté LGBT sont reçus sans préjugés et avec passion.

El Mejunje de Silverio (Sta Clara)

C'est dans sa charmante maison délabrée située au centre de Santa Clara, que l'entretien avec Silverio aura lieu. Les murs sont ornés d’immenses tableaux et gravures. La conversation sera plusieurs fois interrompue par des artistes et amateurs qui demandentt de l’aide à propos de l’éclairage et des vêtements pour un nouveau spectacle. Silverio est disponible 24 h/24, 7 jours/7.

Aux origines du centre culturel

Tout a commencé avec un jeune homme, Ramón Silverio, élevé dans des conditions difficiles aux alentours de Santa Clara petite ville de province. Pendant plusieurs années il travaille comme enseignant. Cependant depuis très jeune, il développe une passion pour le cirque ambulant qui parcourait les communautés rurales.

El Mejunje de Silverio

Grâce au cirque, sa source d’inspiration, il s’incorpore au théâtre communautaire comme acteur et directeur. « C’était tout simplement quelque chose que je voulais faire. Encore aujourd’hui, nous nous rendons aux endroits les plus pauvres et reculés de la campagne. Nous voulons éveiller le même enthousiasme que j’ai éprouvé lorsque j’étais un enfant », dit Ramón.

C’est en 1984, attiré par la nouvelle tradition havanaise des « peñas » (réunions informelles de musique, poésie et danse), que Ramón Silverio commence à rêver de son propre centre culturel. Il essaye donc de créer un espace urbain consacré à la « culture dépourvue d’influences politiques » pour que les intellectuels, les artistes et tous les intéressés puissent se réunir et se sentir à l’aise.

Après avoir frappé à toutes les portes, on lui offre en 1991 un espace en ruines au centre de la ville, transformé aujourd’hui en El Mejunje, dont les activités comprennent des représentations théâtrales, séances de cinéma, concerts de la meilleure trova contemporaine et de groupes de rock, soirées de son et salsa, matinées infantiles et après-midi pour les personnes âgées.

Au début, les objectifs étaient plutôt modestes. Au fil des ans, grâce à l’aide loyale et dévouée d’un bon nombre d’artistes, d’institutions et des citadins, le bâtiment est devenu un espace magique. Les murs sont ornés de graffitis, parfois sympa, parfois implacables. Des arbres pleins de lumières surplombent la cour. Silverio souligne que le centre s’est développé de façon spontané plutôt qu’à partir de ses plans.

Un point de rendez-vous pour la communauté LGBT ?

Mais la célébrité du centre culturel El Mejunje provient surtout de ses samedis soir LGBTP (lesbiennes/gays/bisexuels/transsexuels/pédés). Ce soir là par exemple, six mannequins masculins avaient voyagé depuis La Havane pour montrer leurs belles culottes exclusives.

El Mejunje de Santa Clara

À l’origine, El Mejunje était connu comme un espace pour gays. À cette époque-là, les homosexuels étaient encore victimes d’une forte discrimination à Cuba et El Mejunje est alors devenu un refuge. Le centre a pu graduellement s’attirer le respect et l’acceptation de la communauté LGBT.

« À un moment donné, El Mejunje était vu d’un mauvais œil. Plusieurs jeunes ayant des préférences sexuelles différentes s’y réunissaient mais ils ne pouvaient pas en parler chez eux. Ils disaient alors : « On va là bas » ou « On se voit là bas ». Mais tout a commencé à changer avec le temps. Les parents acceptent de bon gré que leurs enfants se rendent à El Mejunje. Si par hasard ils sont en retard, les parents me passent un coup de fil pour savoir où ils sont ou si je les ai vus ! »

El Mejunje de Santa Clara

À l’heure actuelle, le centre culturel participe activement à des projets ayant pour but de sensibiliser la communauté LBGT au VIH/sida à travers le théâtre, les débats et la distribution d’un nombre considérable de préservatifs. Sa propre existence a été reconnue, à juste titre, comme innovatrice. El Mejunje a joué un rôle très important dans la promotion de la tolérance et de l’acceptation de styles de vie alternatifs à Cuba.

Quel avenir pour El Mejunje ?

El Mejunje est aujourd’hui un symbole d’acceptation et de communauté sans perdre pour autant ses racines alternatives et parfois provocatrices. « Tout ceci a contribué à l’envelopper d’un certain mystère », signale Ramón Silverio.

El Mejunje de Silverio (Trova)

Si nous parlons de l’avenir, il sourit et dit qu’il a une mission aujourd’hui : celle d’axer son attention sur les jeunes actuels, de découvrir leurs besoins, de les encourager à écouter leur musique, de s’y rendre avec leurs ordinateurs, de créer leur propre monde dans ce monde culturel en développement constant appelé El Mejunje.

« Je suis - dit-il - un acteur et un militant qui a défendu cet espace, ce centre, pour faire du bon art et où tous peuvent se sentir à l’aise. Il ne sera jamais lié ni à la « politicaillerie » ni à l’anti-culture. Je ne peux rien faire contre la discrimination et les préjugés des hommes mais à El Mejunje il n’y a pas de place pour cela. »

Alors, si vous décidez de vous rendre à Santa Clara, vous découvrirez dans une ruelle appelée Martha Abreu, tout près d’un marchand de fleurs, une porte ouverte sur laquelle une enseigne signale tout simplement El Mejunje. Entrez. Ce centre culturel rend hommage à la persistance, à la vision, au dévouement d’un homme. Un site qui nous rappelle comme devraient être nos communautés.

Cubanía

Menjunje de Santa Clara

Trovadores

traducteur:

Editorial Cubania

Cuba Absolutely

Cuba Absolutely a commencé comme une publication numérique mensuelle comprenant une revue culturelle, un vade-mecum économique et d’affaires, et un guide touristique pour informer, attirer et informer à partir de la richesse de contenu. Les articles étaient écrits par des locaux et des expatriés à Cuba. Fondée en 2012, cette revue a été rebaptisée lahabana.com en 2017, qui cherchait à mettre en valeur le meilleur de la culture cubaine et offrir des informations sur Cuba visant le public anglophone. Lahabana.com a cessé ses activités en décembre 2018, mais leurs archives restent en ligne pour référence. Voir le site internet : http://www.lahabana.com/content/

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