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Société

Coupure d'électricité à Cuba, un mal récurrent

"Apagon" c'est le mot populaire à Cuba pour désigner les coupures de courant

Auteur:
Editorial Cubania
Date de publication / actualisation:
18 juin 2024

Les aléas du courant électrique à Cuba font partie de la vie quotidienne depuis les années 90. C'est le principal curseur des cubains pour mesurer l'état de leur pays. La seule chose qui les fasse descendre dans la rue, c'est lorsque la fréquence de ces apagones augmente. Ces pénuries ponctuelles et régulières d'électricité peuvent affecter le déroulement du séjour des visiteurs dans l'île, mais il existe quelques bons réflexes pour s'en prévenir.

Commune à toute l’île par manque de ressource d’énergie et particulièrement de pétrole pour alimenter les centrales thermiques, l’apagon (coupure d’électricité) se fait plus intense en dehors de La Havane. Et plus on se dirige vers l’Oriente, la partie Est du pays, plus ces apagones s’intensifient en durée. Baracoa, la plus ancienne ville située à l'extrême Est de l’île, est donc la capitale de l’apagon. Ceux-ci peuvent durer jusqu’à 12 heures cumulées dans une journée de 24 heures. Les horaires des coupures surgissent de manière aléatoire, tant de nuit que de jour. Par contre, elles sont programmées, il est donc possible de savoir à quelle heure l’électricité sera coupée et lorsqu’elle sera rétablie, ce qui permet d’organiser ses journées en fonction.

Comment se préparer aux coupures d'électricité ?

L’avantage de l’apagon pour les visiteurs, c’est la tranquillité. Car à part dans certains hôtels équipés d’un générateur thermique indépendant qui fait le bruit d’un camion, plus de musique de voisinage, plus de ronflement de climatisation, ni de réfrigérateur. Dans certains cas il reste le cris matinal des coqs pour nous rappeler que proche de la nature on parvient à se passer d’électricité. Pour la population, c’est une autre histoire. Ce manque d'énergie affecte tous les aspects de la vie quotidienne que ce soit à l’école, au travail ou à la maison. Il devient difficile de se concentrer sur un quelconque objectif sans penser qu’on pourra être interrompu à n’importe quel moment, même pour celui essentiel de dormir !

Un programme de voyage qui intègre le manque d’électricité

A Cuba pendant seulement quelques jours, les voyageurs se trouveront finalement peu affectés par les coupures d'électricité. En effet, si le séjour est bien préparé et si le contact sur place a su choisir les bons endroits pour dormir et manger, on s’aperçoit assez vite que le manque d’énergie électrique est bien intégré dans les habitudes de vie des cubains. Ainsi un hôte sera toujours équipé d’éclairages alternatifs, ne serait-ce que de bougies. Les cuisiniers savent travailler sans courant et les cuisines sont équipées en fonction. Dans les vieilles maisons, on trouve souvent des chambres à l'abri du soleil en journée et bien ventilées. Il n’y avait pas de climatisation, ni même de ventilateurs à Cuba au 19ème siècle !

Malheureusement pour la population des villes principalement, et pour ceux qui ont peu de moyens, ses coupures sont très pénalisantes. Non seulement au travail mais surtout à la maison, pour conserver les aliments en particulier ou trouver le sommeil dans des logements souvent exigus et mal ventilés. A la campagne le problème est moindre.

En plus des hébergements bien choisis en amont, le voyageur, une fois rendu à Cuba, va acquérir assez facilement les bons réflexes, notamment pour la gestion de ses appareils électroniques. Car à moins d’avoir opté pour un voyage “hors connexion”, Cuba étant l’endroit idéal, comment recharger son téléphone ?

Ces bons réflexes permettent sans trop d’effort de continuer à utiliser ses appareils connectés. De toute manière, il faut savoir qu’on les utilise beaucoup moins qu’en Europe, les connexions n’étant pas aussi répandues, mais surtout parce qu’on a bien d’autres occupations, avec tout un pays à découvrir !

Cuba traverse une période de crise économique aiguë, et les coupures d’électricité en sont le symbole le plus visible et pénalisant pour la population. Cette crise et ses conséquences n’affecte que très peu le tourisme. Car en effet, accueillir les visiteurs est une priorité à Cuba, tant pour le gouvernement que pour les Cubains eux-mêmes. Le tourisme est aujourd’hui la première source de l’économie cubaine et surtout celle qui profite directement à la population. Les cubains feront toujours le maximum pour pallier aux pénuries d'électricité, de carburant ou même, et ça arrive, de sucre ! Accueillir du mieux possible, faire découvrir les richesses du pays en minimisant les impacts des aléas économiques est devenu un réflexe chez les cubains. Cela fait 30 ans que ça dure, des hauts et des bas depuis les années 90, depuis que le pays est vraiment indépendant.


Cubanía

Cubanía s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Cubanía souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues.

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